Invitation à la manifestation commémorative et au colloque à l’occasion du 80e anniversaire de la « Déclaration des communistes internationalistes de Buchenwald » le 11 octobre 2025 à Buchenwald/Weimar

Invitation à la manifestation commémorative et au colloque à l’occasion du 80e anniversaire de la « Déclaration des communistes internationalistes de Buchenwald » le 11 octobre 2025 à Buchenwald/Weimar

Peu avant la fin de la guerre, en avril 1945, après la libération du camp de concentration de Buchenwald, un groupe de combattants ouvriers internationalistes appartenant à la IVe Internationale a rédigé la « Déclaration de Buchenwald ». Ce groupe, qui appartenait à la IVe Internationale, a rédigé la « Déclaration des communistes internationalistes de Buchenwald », peu connue mais remarquable. C’est à ces combattants et à leur héritage politique qu’est consacrée la manifestation organisée par l’association franco-allemande « Les amis de l’ouvrier et du soldat ».

Programme

  • 11 h, Mémorial de Buchenwald
    Manifestation commémorative sur le site du camp de concentration avec des contributions rendant hommage aux combattants de la IVe Internationale détenus et, pour la plupart, assassinés dans le camp de concentration.
  • 13 h, Weimar, Bienenmuseum (Ilmstraße 3, 99425 Weimar)
    Repas en commun (inscription obligatoire, contribution aux coûts 20 euros)
  • 14h30 à 17h30, Bienenmuseum
    Colloque

Colloque

Présidence : H.-W. Schuster

Accueil par Torsten Lerche, président du DGB Weimar/Weimarer Land.

François Préneau (président de l’association « Les Amis d’Arbeiter und Soldat) fera un exposé sur les journaux clandestins Front Ouvrier et Zeitung für Soldat und Arbeiter im Westen, publiés à Brest. Il évoquera les motivations communes qui ont poussé des soldats allemands, travailleurs sous l’uniforme et de jeunes ouvriers français à s’unir dans la lutte contre le nazisme, pour la paix et la fraternité des peuples, ainsi que le rôle important joué par le Berlinois Martin Monath, moteur et rédacteur en chef d’Arbeiter und Soldat. Il évoquera ensuite les recherches menées à Nantes et à Brest sur le rôle de Robert Cruau, Georges Berthomé et Marcel Baufrère et s’intéressera enfin au travail effectué après la capitulation nazie, qui s’ins- crit également dans cette fraternisation ouvrière.

Claudius Naumann présentera la «Déclaration des communistes internationalistes de Buchenwald » et sa signification pour la lutte actuelle contre la guerre impérialiste. La déclaration analyse la situation mondiale d’un point de vue de classe et internationaliste et affirme que seule « l’action indépendante réussie de la classe ouvrière contre le capitalisme est en mesure d’extirper le mal du fascisme avec toutes ses racines ». La déclaration développe à cet effet des conclusions programmatiques d’une actualité brûlante. Elle contraste avec les déclarations correspondantes de détenus du KPD et du SPD, qui niaient l’actualité de la lutte de classe contre le capitalisme ou parlaient même d’une « culpabilité collective » du peuple allemand.

Loïc Le Bars abordera dans sa contribution le parcours de Marcel Baufrère, des Jeunesses socialistes à la Quatrième Internationale. Arrêté par la Gestapo le 7 octobre 1943, il est déporté à Buchenwald où il participe à la création d’une cellule trotskiste avec des militants de différents pays. Il est co-auteur de la
«Déclaration des communistes internationalistes de Buchenwald ».

Jan Willem Stutje, historien néerlandais, présentera son livre Folterfabriek Buchenwald (Usine de torture de Buchenwald), dans lequel Ernst Federn, également co-auteur de la « Déclaration des communistes internationalistes de Buchenwald », occupe une place centrale.

Ernst Neweling, historien allemand, traitera de « l’initiative révolutionnaire des ouvriers allemands après le fascisme et la guerre – conseils d’entreprise, comités d’action, occupations d’entreprises dans toute l’Allemagne – et la réponse des puissances alliées victorieuses  ». Il n’y a pas eu de redépart à zéro (« heure zéro ») pour le mouvement ouvrier allemand. Privé de ses organisations par la dictature nazie, la classe ouvrière, bravant l’interdiction de ses organisations et l’impitoyable répression, a poursuivi sa lutte dans l’illégalité jusque dans les camps de concentration. Après la défaite d’Hitler à Stalingrad en 1943, la résistance s’est renforcée. Elle avait un objectif : l’unité des travailleurs et de leurs organisations pour une Allemagne socialiste. Cette volonté politique s’est heurtée à la répression la plus féroce des occupations militaires occidentales et russe et au morcellement de l’Allemagne en zones d’occupation dans le but de diviser les travailleurs. Elle s’est aussi heurtée à l’hostilité des directions du KPD et du SPD qui poursuivaient une politique de soumission aux puissances alliées victorieuses.

En conclusion, Heinz-Werner Schuster, président de séance, indiquera à quel point, 80 ans plus tard, la Déclaration des communistes internationalistes de Buchenwald est aujourd’hui d’une actualité criante au regard de la militarisation de toute l’économie mondiale, alors que l’impérialisme en crise pousse le monde entier dans la guerre.